Attention au mot : en bijouterie, un « confié » désigne aussi le bijou qu'un particulier laisse en boutique pour une réparation — c'est ce que gèrent les logiciels de comptoir. Cette page traite de l'autre confié, celui que personne n'explique : la matière précieuse qu'une marque remet à un atelier pour fabriquer, et que l'atelier remet à son tour à son fondeur ou à son sertisseur. Mentions obligatoires, pesée contradictoire, inscription en miroir au livre de police : voici comment on l'établit.
Presque jamais par malhonnêteté. Presque toujours parce que rien n'a été constaté par écrit au moment précis où la matière a changé de mains.
Numéroté, pesé, confirmé des deux côtés, inscrit au livre de police au moment où la matière bouge — pas le soir, pas le mois suivant.
Un bon de confié se juge sur ce qu'il permet de reconstituer deux ans plus tard, devant un contrôle ou face à un litige. Voici les dix mentions à y faire figurer, et ce que chacune protège concrètement.
Chaque bon porte un numéro unique, attribué dans une série ininterrompue à l'échelle de l'entreprise. C'est ce qui permet de prouver qu'aucun bon ne manque : une série continue se contrôle, un carnet de bons non numérotés ne se contrôle pas. La réglementation admet le bon de confié en série continue comme substitut à l'inscription au registre — mais seulement s'il est réellement en série continue.
Déposant et dépositaire : raison sociale, adresse complète, numéro SIREN ou SIRET, et le nom de la personne qui remet comme de celle qui réceptionne. Ce n'est pas de la formalité administrative : c'est la mention qui rend le document opposable, et l'identité de la contrepartie — nom et adresse — fait partie des champs exigés pour chaque inscription au registre des métaux précieux.
Date d'entrée et date de sortie sont deux informations distinctes. Sur le bon, la date de remise se pose au départ ; la date de restitution effective se pose au retour, sur le même document ou sur son volet de retour. Un bon sans date de retour décrit, aux yeux d'un contrôleur, un confié qui n'est jamais revenu.
Pourquoi la matière part — fonte, sertissage, polissage, gravure, réparation, affinage — et ce qui part exactement. La désignation doit permettre l'identification individuelle des objets : numéro d'ordre de fabrication, modèle, référence de pièce. « 5 bagues or » ne suffit pas ; « OF-2418, bague solitaire, or gris » se retrouve dans deux ans.
Le comptage est une mention à part entière, indépendante du poids. Deux pièces d'un poids total identique ne se restituent pas comme trois. Sur un envoi multi-pièces, détaillez ligne par ligne plutôt que d'agréger : c'est la seule façon de savoir, au retour, laquelle manque.
Le métal — or, argent, platine, palladium — et le titre exprimé en millièmes : 750 pour de l'or 18 carats, 585 pour du 14, 375 pour du 9, 925 pour l'argent, 950 pour le platine. Sans le titre, un poids d'alliage ne se convertit pas en poids fin, et deux bons portant le même nombre de grammes ne représentent pas la même quantité de métal précieux. Sur une pièce bi-matière, une ligne par métal.
Le poids inscrit est celui lu sur la balance au moment de la remise — pas le poids théorique du fichier de CAO, pas celui recopié du bon précédent. Distinguez le poids brut du poids net dès que des pierres ou des éléments non précieux sont montés. La règle ne se négocie pas : le grammage fait foi, et c'est ce chiffre qui sera opposé au retour.
Pierres serties ou fournies : nombre, forme, dimensions ou poids en carats, et le poids total qu'elles représentent. C'est la mention la plus souvent oubliée et la plus coûteuse. Au retour du sertisseur, la pièce passe sur la balance avec ses pierres ; si leur poids n'a pas été constaté au départ, il est compté comme du métal, et le compte du déposant est sur-débité à chaque pièce.
Une valeur portée au bon fixe l'assiette de la responsabilité du dépositaire en cas de perte, de vol ou de sinistre pendant le transport comme pendant le séjour à l'atelier, et sert de base à la déclaration d'assurance. Sans elle, la discussion se règle après coup, au pire moment. Précisez la base retenue : cours du métal du jour, valeur des pierres, ou valeur de remplacement de la pièce.
Une date de retour attendue transforme le confié en engagement daté : sans elle, rien ne distingue un lot en cours d'un lot oublié depuis huit mois. Et deux signatures : celle du remettant et celle du réceptionnaire, à la remise comme à la restitution. Un bon signé d'un seul côté ne prouve que l'intention d'envoyer, jamais la réception.
Le bon papier n'est pas faux. Il est seulement seul : il ne parle ni au livre de police, ni au compte poids, ni au retour de la matière.
Comment Liink se compare aux méthodes utilisées aujourd'hui pour formaliser un envoi de matière précieuse entre professionnels.
| Critère | Liink | ERP généraliste | Bon papier ou modèle Word |
|---|---|---|---|
| Numérotation en série continue garantie | ✅ | ❌ | Manuel |
| Identités des deux parties préremplies | ✅ | Partielle | Manuel |
| Métal et titre en millièmes sur chaque ligne | ✅ | ❌ | Manuel |
| Poids pesé saisi ou lu sur la balance | ✅ | ❌ | Manuel |
| Pesée rattachée à chaque ordre de fabrication | ✅ | ❌ | ❌ |
| Nombre et poids des pierres portés au bon | ✅ | ❌ | Manuel |
| Écriture au livre de police déclenchée par l'envoi | ✅ | ❌ | ❌ |
| Écriture miroir chez le dépositaire | ✅ | ❌ | ❌ |
| Confirmation de réception par le dépositaire | ✅ | ❌ | ❌ |
| Contrôle d'écart entre départ et arrivée | ✅ | ❌ | Manuel |
| Retour repesé et inscrit, refus tracé comme un retour | ✅ | ❌ | Manuel |
| Tarif | À partir de 99€/mois | Variable | Gratuit |
Dès que de la matière précieuse change de mains sans changer de propriétaire, il faut un bon — et il en faut un dans chaque sens.
Le bon de confié entre professionnels, ses mentions obligatoires et son lien avec le livre de police, expliqués sans détour.
C'est le document qui constate la remise de matière précieuse par une entreprise à une autre, pour un travail déterminé, sans transfert de propriété. La marque reste propriétaire de son or pendant qu'il est à l'atelier ; l'atelier en est le dépositaire, responsable de sa conservation et de sa restitution. Le bon décrit ce qui part, en quelle quantité, pour quoi faire et pour combien de temps, et il est signé des deux côtés. Il remplit trois rôles à la fois : preuve de remise, base de responsabilité en cas de perte, et justificatif du mouvement pour le registre des métaux précieux.
Le mot recouvre deux réalités très différentes. En bijouterie de détail, un « confié » désigne le bijou qu'un particulier laisse en boutique pour une réparation, une mise à taille ou une expertise : le document sert à identifier l'objet du client, à convenir d'un délai et d'un devis, et c'est ce que gèrent les logiciels de comptoir. Entre professionnels, le confié est de la matière première ou des pièces en cours : du métal précieux au poids, des pierres, des ordres de fabrication remis à un fondeur, un sertisseur ou un polisseur. Ici tout se joue au gramme et au titre, et l'opération doit se retrouver dans le registre des deux entreprises. Cette page traite du second cas — celui que personne ne documente.
L'obligation légale porte sur le registre : toute personne qui détient des matières d'or, d'argent ou de platine pour l'exercice de sa profession tient un registre de ses achats, ventes, réceptions et livraisons (article L. 834-6 du Code de commerce), et les objets confiés en font partie. Pour ces objets confiés, la réglementation admet que l'inscription soit remplacée par un bon de confié ou une fiche en série continue mentionnant le déposant et le dépositaire avec leurs adresses, la désignation détaillée, le métal, le titre, le poids et les dates (CGI annexe IV, articles 56 J quaterdecies à 56 J octodecies). Autrement dit, le bon n'est pas une commodité facultative : c'est la forme admise d'une obligation. Mal rempli ou non numéroté, il ne joue plus ce rôle. Une précision utile : l'article 537 du code général des impôts, encore cité un peu partout comme fondement du livre de police, est abrogé depuis le 1er juillet 2025 — la référence à utiliser aujourd'hui est bien l'article L. 834-6 du Code de commerce.
Dix mentions. Le numéro, dans une série continue. L'identité complète du déposant et du dépositaire : raison sociale, adresse, SIREN ou SIRET. La date de remise et celle de la restitution. La nature de l'opération et une désignation permettant l'identification individuelle des objets. Le nombre de pièces. Le métal et son titre en millièmes. Le poids pesé, brut et net. Le nombre et le poids des pierres. La valeur déclarée. Enfin le délai de restitution et les signatures des deux parties. Les champs de désignation, nombre, poids, titre, métal, origine, dates et identité de la contrepartie sont précisément ceux exigés pour chaque inscription au registre des métaux précieux : un bon qui les porte tous fait le travail des deux documents.
Oui, et des deux côtés. Le principe est la double inscription en miroir : une sortie chez le déposant au moment où la matière part, l'entrée correspondante chez le dépositaire au moment où elle arrive. Ce n'est pas parce que la matière ne vous appartient pas que vous n'avez rien à inscrire — le registre trace la détention, pas la propriété. Un façonnier qui reçoit de l'or d'une marque le porte en entrée dans son propre registre, avec la marque en contrepartie, même si le colis vient directement du fournisseur et n'est jamais passé par la marque. Et le retour se trace symétriquement : entrée chez celui qui récupère, sortie chez celui qui rend.
Pour les objets confiés uniquement, et à condition d'être tenu en série continue avec toutes les mentions requises : c'est la tolérance prévue par le texte. Il ne remplace jamais le registre pour le reste de l'activité — achats, ventes, réceptions, livraisons, refontes. En pratique, les entreprises qui tiennent les deux s'épargnent la discussion : le bon part avec le colis, l'écriture correspondante existe au registre. Méfiez-vous d'un raccourci fréquent : le fait que votre donneur d'ordre tienne un registre irréprochable ne vous dispense en rien du vôtre. Les sanctions prévues en cas de registre absent ou inexact vont de l'amende à une pénalité pouvant atteindre une à trois fois la valeur des objets.
Elle se fait sur une balance de référence, au moment de la remise, et le résultat est porté au bon avant que le colis ne parte. L'idéal est la pesée contradictoire : les deux parties constatent le même chiffre, ou à défaut le destinataire repèse à l'arrivée et signale immédiatement l'écart. Au retour, on repèse — pièce par pièce, jamais en total de colis, sinon un écart sur une pièce se noie dans la somme des autres. L'écart entre le poids parti et le poids revenu devient alors une information exploitable : perte de fabrication normale, pierres non déduites, ou véritable anomalie.
Il faut le soustraire, systématiquement. Une pièce sertie revient avec ses pierres, et la balance ne fait pas la différence entre un gramme de métal et un gramme de diamant. Si le nombre et le poids des pierres figurent au bon de confié de départ — et le poids des pierres fournies par la marque avec — la soustraction est mécanique au retour. Sinon, chaque pièce sertie gonfle artificiellement le métal restitué, et l'écart de compte poids s'accumule sans qu'on sache d'où il vient.
Elles font partie du métal et doivent figurer au bon. Deux règles de méthode. Peser avant l'envoi, toujours. Et trier avant l'envoi les tiges brutes, jamais retouchées, de celles qui ont été polies ou ébavurées : les deux ne suivent pas le même circuit de reprise ni le même coefficient, et ces coefficients sont contractuels, négociés partenaire par partenaire. Reconstituer après coup ce qui était brut est impossible — une fois le carton parti, l'information est perdue.
Cinq reviennent partout. Le poids n'est pas pesé mais estimé, ou recopié du fichier de CAO. Les pierres ne sont ni comptées ni déduites, donc comptées comme du métal au retour. Les tiges partent sans avoir été triées entre brutes et retouchées. Les bons ne sont pas numérotés en série continue, donc rien ne prouve qu'aucun ne manque. Et la restitution n'est pas tracée : l'envoi reste ouvert des deux côtés. Aucune de ces erreurs ne se voit isolément — elles se voient toutes ensemble, à la clôture, sous la forme d'un écart que plus personne ne sait expliquer.
Les livres, registres et pièces justificatives liés aux métaux précieux se conservent six ans à compter de la dernière opération qu'ils constatent (article L. 102 B du Livre des procédures fiscales). Concrètement, un bon de confié doit rester consultable longtemps après que la pièce a été livrée, facturée et payée. Un carnet à souches rangé dans un tiroir tient rarement six ans en état d'être produit ; un bon archivé avec son écriture de registre, si.
Trois choses. La numérotation cesse de dépendre de qui remplit le bon ce jour-là : la série est continue par construction. Le bon et l'écriture de registre ne sont plus deux gestes séparés — l'envoi écrit lui-même la sortie et l'entrée miroir, au poids pesé et au titre, à l'instant où il part, et rejouer l'opération ne l'inscrit jamais deux fois. Enfin l'aller-retour devient une seule histoire : le retour repesé vient solder l'envoi, l'écart se lit ligne à ligne, et un envoi refusé ou annulé revient par une écriture de retour plutôt que par une gomme. Le papier fait très bien le premier tiers du travail. Il ne fait pas les deux autres.
Le bon de confié constate un mouvement ; le compte poids tient le solde. Suivez chaque gramme confié par partenaire et par métal, forfait de perte et pierres déduites.
Devis, ordres de fabrication, suivi d'avancement et matière confiée : coordonnez tous vos ateliers extérieurs, inscrits ou non, au même endroit.
Créez un envoi, pesez chaque pièce, imprimez le bon : la sortie et l'entrée miroir s'écrivent toutes seules au livre de police, des deux côtés.
À partir de 99€/mois • Gratuit pour vos fabricants • Sans carte bancaire